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[BLOG] Au cœur de la pierre

Le fourneau de pierre ollaire fait la fierté des habitants de Bagnes. Sa pierre provient du territoire de la vaste commune et, dans le langage populaire, on l’appelle « le Bagnard. » La carrière de pierre ollaire de Bocheresse, située sur les hauts du hameau de Bonatchiesse, offre une visite qui sort de l’ordinaire à tous les curieux des choses de la nature… et de l’histoire locale. Pierre-André Gard, accompagnateur en montagne, rappelle que la carrière est une histoire « qui a duré 100 ans il y a 100 ans. » 04-10-2018 14:13
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Dès le XVIIe siècle, les paysans exploitent les richesses minéralogiques que recèle leur montagne[1], qui a connu les tourments géologiques de la formation des Alpes[2]. Une particularité qui fait du Valais un pays riche…en mines pauvres. En plusieurs lieux de la vallée affleure la pierre verte, enrichie d’olivine et de serpentine, connue pour sa capacité à retenir la chaleur du feu. Bien que dure et difficile à travailler, les habitants savent tailler cette roche magnifique provenant des fins fonds des fosses abyssales. Ils en font de chaleureux fourneaux contre lesquels il fait bon s’adosser durant les mois d’hiver.

Au début du XIXe siècle, les bagnards accèdent à l’air libre à un épais filon de pierre ollaire sur la carrière de Bocheresse. Cette roche blanchâtre contient beaucoup de talk et est très estimée pour ses capacités thermiques de résistance à la chaleur et au feu. Un matériau bien plus facile à travailler pour ceux qui ont usé leur ciseaux sur la pierre verte ! Dès 1830 on extrait à l’air libre de beaux et généreux blocs, jusqu’à un effondrement massif stoppant l’exploitation au tournant du siècle.

Après quelques années de désaffection, Auguste Maret, père de l’ingénieur ayant conçu le barrage de Mauvoisin, fait creuser une galerie pour accéder à la partie cachée du précieux filon. Les paysans-mineurs progressent en un sous-sol délicat, qu’il faut étayer à l’aide de solides troncs pour éviter que la voûte ne s’effondre ; de 1910 à 1942, âge d’or de la pierre ollaire, ils en extraient de nombreux blocs de 200 kilos et les acheminent dans la vallée… sur de grosses luges ! Occupés le reste de l’année aux travaux agricoles, ils y travaillent en hiver. Il coule alors moins d’eau à l’intérieur de la caverne rendue plus accueillante par le froid extérieur, alors qu’à l’intérieur se maintient une température de douze degrés. L’observation des chamois alentours indique aux ouvriers les moments propices pour descendre en évitant les avalanches, arc-boutés sur leurs chaussures à clous, retenant le lourd chargement de toute la puissance de leurs muscles. Les fameux fourneaux sont ensuite taillés dans la vallée. La fin de la deuxième guerre mondiale, mais surtout l’arrivée de l’électricité rendent bientôt le fourneau de pierre ollaire moins attractif. Entre 1978 et 83, des études évaluent à 5000m3 le volume de pierre ollaire restant, autant que celui déjà exploité. Mais la sécurisation de la carrière, le stockage des blocs et surtout les conditions du marché ne permettent pas d’atteindre le seuil de rentabilité nécessaire à attirer les investisseurs pour une exploitation de type industriel.

Consciente de cet important patrimoine, la commune de Bagnes choisit dès 2010 de sécuriser le site, de faciliter son accès et de le doter d’un éclairage solaire[3], pour le grand plaisir des visiteurs. Les accompagnateurs Pierre-André Gard et Alexandre Cappi sauront les captiver, chaque vendredi de juillet et août, dans les pas des paysans-mineurs de l’époque.

 

Au départ de Bonatchiesse, une heure trente de marche sur un sentier aménagé permet d’accéder à la carrière de pierre ollaire, dont l’entrée est visible au centre de l’image.

L’accompagnateur Pierre-André Gard devant l’un des derniers escaliers d’exploitation des blocs de pierre Ollaire.

Un lieu mystérieux dévoilé par l’éclairage généré par de l’énergie solaire.

La vaste caverne a permis d’exploiter 5000 m3 de pierre ollaire.

Il a fallu étayer le faîte de la carrière à l’aide de solides troncs pour éviter que la voûte ne s’effondre.

Visite guidée au coeur de la pierre et de l’histoire locale.

Le fourneau de pierre ollaire de la cabane FXB-Panossière a été confectionné avec la pierre extraite en 1995 de la carrière de Bocheresse.

 


[1] « Un bagnard de taille » livre rédigé par Willy Ferrez, collection du musée de Bagnes


[2] Livret « La géologie, quelle aventure » Enquête géologique sur le val de Bagnes contenant une carte géologique simplifiée et un livret habilement vulgarisé. Collection du musée de Bagnes


[3] En l’absence des accompagnateurs, la carrière n’est pas éclairée !


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